50/50 : Janis Joplin/Jimi Hendrix

Il y a 50 ans (les 18 septembre et 4 octobre 1970) disparaissaient à un peu plus de deux semaines d’intervalle deux icônes, deux légendes : Janis Joplin et Jimmy Hendrix.  2 Compositeurs (Fabien CaliClaude Barthélémy) et 2 compositrices (Justina Repeckaite / Carol Robinson) croisent aujourd’hui leurs visions (entre souvenirs et représentations), d’une époque révolue mais au combien présente, si loin, si proche! 
4 voix d’hommes / 4 voix de femmes du choeur Sequenza 9.3 et le Triopolycordes, sous la direction de Catherine Simonpietri seront les interprètes de cet hommage paritaire, hymne à l’éternelle jeunesse. 
Lydie Salvayre (dont le roman Hymne brosse un portrait fulgurant de Jimmy Hendrix) prêtera  sa voix et sa sensibilité de romancière à ces multiples miroirs et dialogues (dont certains seront extraits du remarquable ouvrage de Véronique Bergen : Janis Joplin, Voix noire sur fond blanc) aux confins de l’histoire, de la musique et de la littérature.

Musiciens : 
Sandrine Chatron, harpe 
Florentino Calvo, mandoline 
Jean-Marc Zvellenreuther, guitare
4 chanteuses et 4 chanteurs du choeur Sequenza 9.3
et Lydie Salvayre

Notes d’intention

FABIEN CALI
Jusqu’a l’adolescence, j’ai  été  ce que Nadia Boulanger appelait un « dormeur ». Une passion pour la guitare électrique, le blues, le rock ou encore le metal m’a sorti de manière très inattendue de cette torpeur et m’a finalement mené  jusque ma vie artistique d’aujourd’hui. Après le fourmillement intellectuel des études, le recul et l’expérience me ramènent vers ces musiques et ces artistes qui m’ont portés depuis le début pour intégrer leurs influences dans mon travail de compositeur. Et parmi ces artistes il y a bien sûr Janis Joplin et Jimi Hendrix. Au-dela de la richesse du répertoire qu’ils ont su créer, ce qui me touche de manière sensible c’est avant tout leur rapport au son, au phrasé, le spontané, le jeu, l’imprévu mais surtout l’énergie brute, sans détour. Tout cela est au cœur de ma démarche et j’espère pouvoir aller encore plus loin au contact des artistes présents dans ce projet. Autour de textes méticuleusement choisis, la palette de sonorités offerte par Sequenza 9.3 et le TrioPolycordes est telle que les possibilités semblent difficilement épuisables. Les aspérités et le piquant des cordes pincées sont a mon sens parfaitement complémentaires a la souplesse et la densité de l’ensemble vocal. Plus qu’un hommage il s’agira pour moi de créer un moment de musique personnel, puissant et dans lequel les ombres de nos deux icônes navigueront librement.

CLAUDE BARTHELEMY
Janis, Jimi, Jimi, Janis….ces deux figures sont devenues de telles icônes que l’on a tendance a oublier qu’elles sont d’abord de grands professionnels, ce qui n’est que la moindre des choses, mais surtout d’immenses arpenteurs du Blues, genre fondateur dont toutes les musiques dites populaires d’aujourd’hui en occident sont issues, a commencer par le Jazz, et le Rock. Je voudrais souligner aussi leur intelligence, remarquable dans les paroles d’Hendrix, pas vieillies ni datées aujourd’hui, et dans le choix avisé de ses accompagnateurs par Joplin, ses enregistrements témoignant d’une perfection de l’interprétation pas si fréquente parmi les disques de cette époque, c’est selon moi un signe marquant, savoir s’entourer est un talent indispensable. Il sera donc d’abord question de Blues, c’est-a-dire une manière plus qu’une norme, de truculence, d’humeurs multicolores, j’espère d’humour, et d’émotions bouleversées. « Oh Lord ! Would you buy me a Mercedes Benz… »

LYDIE SALVAYRE
Je voulais revenir sur ce moment de musique inoubliable, ce moment où, Jimi Hendrix, a Woodstock, le 18 août 1969, joua un hymne américain d’une puissance inégalée. Parce qu’il avait du sang noir et du sang cherokee mélangés de sang blanc et qu’il était donc a lui seul toute l’Amérique, parce que la guerre au Vietnam soulevait en lui un violent mouvement de refus que toute une jeunesse partageait , parce que sa guitare était sa lady électrique, sa passion, sa maison, sa faim, sa force et qu’il en jouait avec génie, Jimi Hendrix fit de cet hymne américain, jusque la si blanc, si propre et si sage, un véritable évènement. Je me réjouis de le voir célébré  50 ans après…

VERONIQUE BERGEN
50 ans après la mort de Janis Joplin, de Jimi Hendrix, près d’un demi-siècle après la fin du Flower Power, l’énergie et la liberté de « Pearl » et du guitariste vaudou sont intactes. 50/50 ne carbure pas a la nostalgie. Le projet qui réunit l’ensemble vocal Sequenza 9.3, le TrioPolycordes, Lydie Salvayre et moi-même se situe au plus loin de la commémoration, d’un geste rétro. Il embrasse la contemporanéité de Jimi Hendrix, de Janis Joplin, interroge l’actualité, la puissance subversive du Flower power par-dela sa mort. Par la, dans l’alliance de la musique et du verbe, 50/50 ouvre le présent et l’avenir, met en récit les possibles hérités de l’esprit libre des Sixties.

. . .

Fifty years ago (September 18 and October 4, 1970), two icons, two legends; Janis Joplin and Jimmy Hendrix, disappeared just over two weeks apart. 2 men composers (Fabien Cali, Claude Barthélémy) and 2 women composers (Justina Repeckaite / Carol Robinson) today cross their visions (between memories and representations), of a bygone era but how much so far and so close at the same time! 4 men’s voices / 4 women’s voices from the vocal ensemble Sequenza 9.3 and the TrioPolycordes, under the direction of Catherine Simonpietri will be the interpreters of this parity tribute, a hymn to eternal youth. Lydie Salvayre (whose novel Hymne paints a dazzling portrait of Jimmy Hendrix) will lend her voice and sensitivity of a novelist to these multiple mirrors and dialogues (some of which will be extracted from the remarkable work of Veronique Bergen: Janis Joplin, Voix noire sur fond blanc) on the borders of history, music and literature.

Intention notes

FABIEN CALI
Until adolescence, I was what Nadia Boulanger called a « sleeper ». A passion for the electric guitar, blues, rock and metal came out very unexpectedly of this torpor and finally led me to my artistic life today. After the intellectual swarm of studies, hindsight and experience brought me back to these musics and artists who have supported me since the beginning to integrate their influences in my work as a composer. And among these artists there is of course Janis Joplin and Jimi Hendrix. Beyond the richness of the repertoire they have created, what touches me in a sensitive way is above all their relationship to sound, phrasing, the spontaneous, the game, the unexpected but especially the raw energy, without detour. All this is at the heart of my approach and I hope to be able to go even further in contact with the artists present in this project. Around meticulously chosen texts, the range of sounds offered by Sequenza 9.3 and the TrioPolycordes is such that the possibilities seem hardly exhaustable. The asperities and sharpness of the plucked strings are, in my opinion, perfectly complementary to the flexibility and density of the vocal ensemble. More than a tribute it will be for me to create a moment of personal music, powerful and in which the shadows of our two icons will navigate freely.

CLAUDE BARTHELEMY
Janis, Jimi, Jimi, Janis… these two figures have become such icons that we tend to forget that they are first of all great professionals, which is only the least of things, but especially immense Blues surveyors, a founding genre whose all the so-called popular Western musics of today are derived, starting with Jazz, and Rock. I would also like to emphasize their intelligence, remarkable in Hendrix’s words, not aged or dated today, and in the wise choice of Janis’ accompanists, her recordings testifying to a perfection of interpretation not so frequent among records of this time. It is in my opinion a striking sign; knowing surround yourself with good people is an essential talent. It will be at first question of Blues, that is to say, a way more than a norm, of truculence, multicolored moods, I hope humor, and shaken emotions . « Oh Lord! Would you buy me a Mercedes Benz…  »

LYDIE SALVAYRE
I wanted to go back to this moment of unforgettable music, when Jimi Hendrix, in Woodstock, August 18th, 1969, played an American anthem of unparalleled power. Because he had black blood and Cherokee blood mixed with white blood and so he was all his own all America, because the war in Vietnam raised in him a violent movement of refusal that all a youth shared, because his guitar was his electric lady, his passion, his house, his hunger, his strength and he played it with genius, Jimi Hendrix made this American anthem, so clean, a real event. I look forward to seeing him being celebrated 50 years later…

VERONIQUE BERGEN
50 years after the death of Janis Joplin, of Jimi Hendrix, almost half a century after the end of Flower Power, the energy and freedom of « Pearl » and the voodoo guitarist are intact. 50/50 does not work for nostalgia. The project bringing together the vocal ensemble Sequenza 9.3, the TrioPolycordes, Lydie Salvayre and myself is located at the far from the commemoration, with a retro gesture. He embraces the contemporaneity of Jimi Hendrix, Janis Joplin, questions the news, the subversive power of Flower power beyond its end. By the way, in the alliance of music and verb, 50/50 opens the present and the future, puts into narrative the possible inherited of the free spirit of the Sixties.